Chers tous,

Suite aux événements et aux informations qui circulent actuellement sur la société de gestion H2O et son dirigeant Bruno Crastes, il nous semble important de vous faire part de notre éclairage et de notre avis sur le sujet.

Rappel des faits

Le mardi 18 juin, un article paru sur un blog lié au « Financial Times » dénonçait des prises de positions sur des actifs illiquides. Il s’agit d’une série de titres d’emprunt privés répartis sur 9 émissions « sourcés » par Lars Windhorst dont la société Tennor Holding détient des actions des sociétés émettrices. Lars Windhorst est décrit comme « sulfureux » par plusieurs journalistes. En parallèle, l’article évoque également le fait que Bruno Crastes aurait une place au comité de conseil du fonds Tennor Holding et qu’il y aurait donc un potentiel conflit d’intérêts.

Sur la base des éléments relatés dans cet article, l’agence de notation de fonds Morningstar a préféré suspendre la notation des fonds H2O incriminés en raison de l’incertitude quant à la liquidité de certaines obligations et au potentiel conflit d’intérêts.

A la suite de ces évènements, en moins d’une semaine, quelques 5.6 milliards ont été décollectés sur l’ensemble des fonds de la société de gestion et l’action de Natixis qui détient 50.01% d’H2O a dévissée de plus de 11% en séance jeudi dernier.

Afin de rétablir la confiance des investisseurs, Bruno Crastes a rédigé un communiqué en date du 20 juin et a diffusé une vidéo à l’attention des investisseurs expliquant ses positions.

Voici ses réponses :

  • Ces titres ont été sélectionnés à partir de 2015 dans le but d’apporter de la diversification et de limiter la volatilité des portefeuilles.
  • Les contributions à la performance de ces placements privés sont minimes dans les fonds concernés.
  • Les positions prises par les fonds H2O ont toujours été publiques.
  • Le poids d’H2O dans ces émissions obligataires est volontairement important pour pouvoir peser dans les négociations et mieux défendre les intérêts de ses investisseurs.
  • Bruno Crastes est entré au comité de conseil pour pouvoir suivre de près ces investissements mais n’a aucune relation légale, aucune rémunération, aucune responsabilité ; il n’y a donc pas de conflit d’intérêts
  • M. Windhorst est un individu talentueux, un partenaire commercial fiable disposant d’un réseau lui permettant d’avoir accès à des deals de grandes qualités.

Quelle est notre analyse

Pour nous, le sujet de l’illiquidité des titres n’en est pas un. De très nombreuses banques privées, de très nombreux CGP (dont nous faisons partie) proposent aussi des fonds investis entièrement sur de la dette privée, tout aussi peu liquide sauf que cela concerne l’intégralité du fonds là on nous parlons de 2% (5% à 10 % à l’origine) pour les fonds d’H2O. Le tout est de bien faire comprendre à nos clients le fonctionnement de ces fonds et de répartir correctement le risque dans les portefeuilles. Pour être précis, notre client le plus exposé aux fonds concernés (Adegio, Allegro, et Multibond) est investis à hauteur de 6% ce qui implique que son exposition réelle aux titres illiquides d’H2O est d’environ 0.12%.

Le potentiel conflit d’intérêts lié au siège occupé par Bruno Crastes au comité de conseil du fonds d’investissement Tennor Holding est un autre sujet qui concerne la bonne gouvernance d’H2O et de Tennor Holding. Tel que cela a été explicité par Bruno Crastre (absence de responsabilité, absence de rémunération ou de compensation financière) cela ne nous parait pas être un danger pour la performance des fonds.

Par ailleurs, sortir aujourd’hui générerait une décote immédiate de 3% à 7% liée à des pénalités mise en place par la société de gestion pour limiter les sorties massives de ces fonds. Cette limitation vise à préserver les intérêts des investisseurs qui restent positionnés sur le fonds. En effet, les sorties massives obligent à vendre des actifs, y compris la partie illiquide, qui vendu dans de mauvaises conditions génère de la perte pour celui qui sort comme pour celui qui reste. La politique de Swing Princing permet de ne pas faire supporter ces pertes aux investisseurs qui restent positionnés dans le fonds.

Pour conclure, il n’y a pas selon nous, de bonne raison de sortir de ces fonds aujourd’hui.

Toutefois, nous tenons à votre disposition si vous souhaitez discuter de ce sujet et nous ne manquerons pas de vous tenir informés en cas d’éléments nouveaux.

Pour en savoir plus: découvrez le question/réponse publié par la société de gestion ou

Visionner la vidéo du communiqué: les fonds H2O par Bruno Crastes

Ludovic Farnault est associé et CEO du cabinet Farnault Investissement. Conseiller en gestion de patrimoine depuis 15ans. Diplômé d’un Master 2 en gestion patrimoine et en cours de formation d’un Executive MBA, il accompagne ses clients pour leur permettre de matérialiser leurs objectifs financiers et patrimoniaux.


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